Directive européenne sur les chargeurs universels : ce que les entreprises doivent savoir

Depuis le 28 avril 2026, l’obligation d’utiliser un port USB-C imposée par l’UE s’applique également aux ordinateurs portables. Les nouveaux appareils se rechargent désormais via l’USB-C Power Delivery, quel que soit leur fabricant. Pour les services achats IT, il ne s’agit pas simplement d’un changement de connectique. Lorsque les appareils sont livrés sans alimentation, la responsabilité de l’infrastructure de recharge incombe désormais à l’entreprise. Dans cet article, nous expliquons ce que prévoit cette réglementation, où se situent ses limites et quels sont les points essentiels à prendre en compte pour les achats IT.

Quelles sont les exigences de la réglementation européenne relative à l’USB-C ?

Cette obligation repose sur la directive relative aux équipements radio (RED) 2014/53/UE, modifiée par la directive (UE) 2022/2380. Celle-ci impose l’USB-C comme port de charge filaire standardisé et exige la prise en charge de la technologie USB Power Delivery (USB PD) pour les appareils proposant une charge rapide.

La réglementation est entrée en vigueur en deux étapes. Depuis le 28 décembre 2024, elle s’applique aux petits appareils mobiles tels que les smartphones, les tablettes, les écouteurs, les appareils photo, les claviers et les souris. Depuis le 28 avril 2026, les ordinateurs portables sont également concernés. En pratique, cela signifie qu’un port de charge standardisé est désormais requis pour la quasi-totalité des appareils utilisés dans un environnement professionnel.

L’obligation d’équiper les ordinateurs portables d’un port USB-C s’applique-t-elle à tous les modèles ?

Il est toutefois important d’examiner cette réglementation de plus près, car elle comporte une limite bien définie. Elle s’applique aux ordinateurs portables nécessitant une puissance de charge allant jusqu’à 100W via l’USB-C Power Delivery. Les appareils dont les besoins en alimentation sont nettement plus élevés, comme certains ordinateurs portables gaming ou les stations de travail hautes performances, peuvent encore être livrés avec une alimentation équipée d’un connecteur d’alimentation propriétaire (barrel connector).

En pratique, la plupart des ordinateurs portables de bureau, ultrabooks et PC professionnels seront désormais rechargés via USB-C. En revanche, pour les modèles les plus énergivores, les connecteurs propriétaires restent autorisés. Les entreprises qui gèrent un parc informatique mixte doivent donc tenir compte de cette exception afin de concevoir une infrastructure de recharge adaptée et éviter toute mauvaise anticipation.

Quel impact pour les achats ?

Au-delà de la standardisation technique, cette réglementation introduit un deuxième changement qui a un impact plus important sur les achats : la dissociation entre l’appareil et son chargeur. Les fabricants sont désormais autorisés à commercialiser des ordinateurs portables sans alimentation secteur, et ils sont de plus en plus nombreux à le faire. Cette évolution permet de réduire les déchets électroniques et les emballages, mais elle transfère à l’entreprise la responsabilité de l’achat des chargeurs et des câbles.

Pour les services achats, cela crée une catégorie d’achat à part entière. Les chargeurs et les câbles deviennent des produits qui doivent être budgétisés, documentés et soumis à appel d’offres séparément. Dans les parcs informatiques mixtes comprenant des modèles Apple, Dell, Lenovo ou HP, cette évolution représente une opportunité de standardisation. Une infrastructure bien pensée, reposant sur quelques classes de puissance définies, est plus simple à gérer qu’un stock d’alimentations spécifiques à chaque fabricant accumulé au fil des années.
En anticipant dès aujourd’hui les bonnes solutions de recharge pour les environnements professionnels, les entreprises évitent les achats d’urgence et les solutions improvisées par la suite.

Quelle alimentation USB-C convient à quel appareil ?

L’USB-C, à lui seul, n’indique pas la puissance de charge disponible. Un chargeur de 30 W alimentera efficacement un smartphone, mais ne sera pas suffisant pour recharger une station de travail mobile. À l’inverse, une alimentation de 140 W utilisée pour un smartphone représente un investissement inutile, sans bénéfice réel. Il est donc essentiel de définir la classe de puissance adaptée en fonction du type d’appareil.

  • À titre indicatif :
  • • Smartphones et casques audio : 15 à 30 W
  • • Tablettes : 20 à 45 W
  • • Ordinateurs portables professionnels et ultrabooks : 45 à 65 W
  • • Ordinateurs portables haute performance (16 pouces, processeur puissant) : 90 à 100 W
  • • Stations de travail mobiles : 100 à 140 W

Un point important facilite le choix des équipements : la technologie USB Power Delivery négocie automatiquement la puissance de charge entre le chargeur et l’appareil. Un chargeur de 65 W n’endommagera pas un ordinateur portable qui nécessite réellement 100 W. L’appareil sera simplement alimenté avec une puissance maximale de 65 W. En revanche, en cas d’utilisation intensive, la batterie peut continuer à se décharger progressivement malgré le branchement du chargeur.
Pour les stations de travail soumises à de fortes charges de calcul, il est donc essentiel que la puissance délivrée corresponde aux besoins réels de l’appareil. Un aperçu des chargeurs et câbles USB-C adaptés à chaque classe de puissance permet de faciliter leur attribution et leur gestion.

Pourquoi le câble détermine la puissance de charge

Un point souvent sous-estimé lors du déploiement concerne le câble. Les puissances de charge supérieures à 60 W ne peuvent être transmises qu’avec des câbles équipés d’une puce eMarker. En l’absence de cette puce, le système Power Delivery limite automatiquement le courant à 3 ampères. Avec une tension de 20 volts, cela correspond à une puissance maximale de 60 W, quelle que soit la puissance fournie par le chargeur.

Pour les services achats, cela signifie concrètement qu’un chargeur de 100 W connecté à un ordinateur portable via un câble dépourvu de puce eMarker ne délivrera en réalité que 60 W. Pour les câbles existants dont les caractéristiques sont inconnues, il est donc recommandé de vérifier leur classe de puissance avant de les réutiliser dans de nouvelles configurations. Dans le cadre des appels d’offres, il est également pertinent d’exiger des fiches techniques mentionnant clairement la classe de puissance, afin de disposer d’une preuve de la puissance garantie.

Alimentation individuelle ou station de recharge centralisée ?

Tous les postes de travail n’ont pas nécessairement besoin de leur propre alimentation. Les salles de réunion, les salles de formation et les espaces de travail partagés peuvent souvent être équipés de manière plus économique grâce à des stations de recharge multiports. Une station dotée d’une gestion intelligente de la répartition de puissance distribue dynamiquement la puissance totale disponible entre les différents ports utilisés. En pratique, il est rare que tous les utilisateurs rechargent leurs appareils à pleine puissance simultanément.

Lors du choix de ce type de station, une caractéristique est plus importante que la puissance maximale annoncée : la puissance disponible par port lorsque tous les ports sont utilisés. Une station dont la fiche technique indique uniquement la puissance totale ne permet pas de savoir quelle puissance sera réellement délivrée à chaque port lorsque toutes les connexions sont occupées.

FAQ

L’obligation USB-C s’applique-t-elle également aux appareils existants ?

Non. La réglementation concerne uniquement les appareils nouvellement mis sur le marché de l’UE. Les appareils existants peuvent continuer à être utilisés. Dans les parcs informatiques composés de modèles différents, cela implique toutefois d’anticiper la gestion de la transition et de planifier l’infrastructure de recharge en conséquence.

Les entreprises doivent-elles désormais acheter les chargeurs séparément ?

De plus en plus, oui. Les fabricants sont autorisés à commercialiser des ordinateurs portables sans alimentation secteur et sont de plus en plus nombreux à le faire. Une infrastructure de recharge standardisée est plus simple à gérer et à documenter que des alimentations individuelles spécifiques à chaque fabricant.

Tous les câbles USB-C conviennent-ils pour la recharge ?

Non. Pour des puissances de charge supérieures à 60 W, le câble doit être équipé d’une puce eMarker. Sans cette puce, la technologie Power Delivery limite automatiquement la puissance délivrée à 60 W, quelle que soit la puissance maximale du chargeur.


Une alimentation trop peu puissante peut-elle endommager un ordinateur portable ?

Non. La technologie Power Delivery ajuste automatiquement la puissance délivrée entre le chargeur et l’appareil. Une alimentation insuffisamment puissante chargera simplement l’ordinateur plus lentement ou pourra ne pas maintenir le niveau de batterie lors d’une utilisation intensive, mais elle ne causera aucun dommage.

Conclusion

La réglementation USB-C simplifie l’écosystème des connectiques tout en transférant aux entreprises la responsabilité de la gestion des chargeurs et des câbles. Les organisations qui structurent dès maintenant leur stratégie d’achat peuvent profiter de cette transition pour standardiser leur infrastructure : quelques classes de puissance clairement définies, des câbles documentés avec une certification eMarker adaptée, ainsi qu’un concept précis pour la gestion des points de recharge centralisés ou décentralisés.

La combinaison la plus adaptée dépend toutefois du parc d’appareils concerné, des postes de travail utilisés et du plan de déploiement prévu. L’équipe Lindy propose un accompagnement gratuit pour définir l’infrastructure de recharge adaptée et met à disposition les fiches techniques nécessaires à la documentation des achats.